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27/8 Vernis mou pour cuivre ou pour l’alu – zinc, sans solvants

26.8 Je viens de faire une journée de stage « vernis mou » chez Colette Dinzart, sur la base de la technique apprise chez Filip Leroy.

Principe du vernis mou à ce stade-ci de ma compréhension de la gravure - il faut que:

  • le vernis résiste au mordant,
  • qu’il reste mou assez longtemps pour qu’on puisse le travailler "manière crayon",
  • qu'on puisse l'appliquer facilement au rouleau en fine couche,
  • qu'on puisse y dessiner des traits fins sans que les bords des traits ne cassent,
  • qu’il soit facile à ôter après morsure ;
  • à la rigueur, qu’on puisse le garder sur la plaque pour les premiers essais d’épreuve encrée.
  • Il faut aussi que le papier de dessin ne colle pas au vernis, j'imagine.

Le vernis mou classique est à base de cire et d'asphalte (?) - voir polymetaal: http://www.polymetaal.nl/siteFR/Linkdocs/Grond-afdeklak/UniversaletchinggroundsoftGraphicFR.htm

Comparaison des anciennes recettes cire asphalte etc: http://www.polymetaal.nl/beguin/mape/etching_ground.htm

Le vernis mou à la non-toxique est à base d'acrylique et d'encre Graphic Chemical (huile mais diluable à l'eau).

Ma proposition. Graphic Chemical contenant entre autres du savon de gomme-laque, j'imagine qu'on pourrait tout simplement la remplacer par de la gomme-laque émulsifiée, en s'attachant à travailler la viscosité par des ajouts divers (carbonate magnésium, silice fumée, etc.). La gomme-laque séchant trop vite, l'acrylique est nécessaire pour cette technique de vernis mou selon les non-toxiques. Comme j'ai du glycol, composant des gels mediums type golden, acheté  chez Le Lion , j'essaierai avec un ajout de glycol dans le savon de gomme-laque.  La gomme-laque se nettoye à l'éthanol (non toxique), en version émulsifiée elle se nettoye à l'eau. Dès qu'elle est sèche (150°C), elle se nettoye à la soude je pense.

Les plaques sont préparées comme toujours, polies, dégraissées, non touchées par les doigts, pour que les produits accrochent bien sans trace de gras (mais oui même mes doigts propres sont gras).

Le vernis s'applique ni trop mince (ne protègerait pas de morsure), ni trop épais (fissures).

Soft ground ou Vernis mou (au rouleau)

p 24 du livre Boegh/Leroy Technique du « non toxique » -

NB "Boegh" dans les billets : je me réfère au livre sur la gravure non toxique traduit par Filip Leroy.

Ce qui suit est la recette qu’on a utilisée chez Colette hier (vernis mou effet crayon), que j'avais testée lors de mes premières heures en gravure chez Filip Leroy à Anderlecht (février 2012)

  • Graphic Chemical crimson (plus dense, plus cher que leur pigment noir, mais plus fin pour ce procédé) ,
  • mélanger 2 vol avec 1 vol médium acryl (sèche en 30min)
    (medium plus lent sécher: 3 encre 1 acryl 1 pâte séri = 1h)
  • Rouler en deux couches: dernière très fine, mais tj laisse transparaître cuivre
  • repos 10min
  • dessiner au travers d’un papier
    ou dessiner direct ou pinceau eau déminéralisée
  • séchoir 20min (après devient vernis dur; peut encore travailler pointe sèche)
  • mordre
  • tester épreuve, ôter vernis quand fini (liquide vaisselle ou soude, sans eau chaude car elle durcit le vernis)
  • voir mon résumé précédent
NB TL: quid effet lavis si joue dessus avec soude diluée? à tester

Pour empreintes via presse plutôt que dessin: placer feuilles, protéger par film alimentaire étiré, bienhuilé; carton; presser.

Variante sans acrylique = cire  ou huile sans asphalte ou pois bourgogne
  • p.29 Boegh propose aussi la version cuisine de Juan Carlos Ramon Guadix: 150g cireabeille 75g colophane (pour durcir la cire, hélas repris comme toxique en normes bio) 500g encre noire (pour voir ce qu’on fait) 150g saindoux (pour que le mélange ne durcisse pas, puisque le saindoux reste onctueux à température ambiante); mélanger le tout à chaud; creuser quand froid; mordre dans 20°c baumé une heure max - reste mou une semaine - se nettoie à l'huile alimentaire -> réel non toxique. 
  • J'ai testé sur alu, sur la base de la variante Guadix, mon mélange tout prêt de peinture encaustique cire d’abeille/damar (dammar = aussi résine comme colophane) fondu à la chaleur douce, additionné de  pigment noir (on pourrait aussi ajouter encre de chine) et de  saindoux .
    Ok prend bien les marques, résiste au mordant (30 secondes, je dois essayer plus longtemps; mais ça va vite sur l'alu avec le saline etch).
    Je l’ai ôté  en le chauffant sur la hotplate, puis un peu d'huile alimentaire, mais j'ai dû terminer au Dasty tout de même (même les cristaux de soude ne suffisaient pas).
    Pour l'appliquer, j'ai déposé un petit plot, alors que la plaque était sur la hotplate, puis j'ai chauffé au décapeur thermique, jusqu'à une couche finissime en râclant in peu à la carte bancaire. Les graveurs prétendent que c'est difficile à gérer, car avec un peu de chaleur comme un rayon de soleil les lignes se refermeraient. On est en Belgique, les rayons de soleil on les compte alors hein bon...
  • Je vais essayer demain avec la cire froide que j'ai concoctée il y a un an (cire abeille fondue avec térébenthine... ); et avec le lait de cire ou cire saponifiée que j'ai préparé pour l'atelier encaustique.
  • J’ai aussi testé sur alu avec un « fond huileux émulsifié 3201 » en Auro, il me restait un pot au grenier (datant de 2000), au pinceau  ça le fait pour le trait, mais bofbof pour la résistance au mordant  et ça part très bien à l’eau - même pas besoin de soude , dis donc. pas si huileux que ça?
  • J'ai même testé  sur la plaque alu avec des restes de bougie frottées (ôtées par chaleur ensuite). Elles ont bien résisté au salt etch (bain de Bordeaux à la Semenoff). à refaire
  • En vernis dur, la gomme-laque cuite voir msg du 29.8
  • Cedric Green utilise un fond à l'huile avec du cobalt drier (http://www.greenart.info/galvetch/grndngww.html#Q3 ou http://www.greenart.info/galvetch/francais/contfram.htm en français), on peut dessiner aux marqueurs (à solvant - yiiiks pour le petit canari). Il mord en galvanisant, cela change beaucoup par rapport au Saline Etch, car les traits dans l'huile durice ne se brisent pas à la galvanisation comme ils le feraient en etch.  Je n'utiliserais de toute façon pas de cobalt drier, trop toxique, mais bien mes huiles claircées maison, qui sèchent vite; ou la version Rembrandt (à la craie). Test aussi demain.

Variante pour alu de Kiekeben - Orono

Je la note pour info, mais ça me semble bien trop compliqué alors que je peux utiliser de la cire et mes autres substituts ci-dessus sans en être malade. Selon polymetaal.nl: “Le Klar Polish est moins convenable pour la morsure dans la solution de sulphate de cuivre. La couche est si mince que le vernis peut se dissoudre partiellement dans cette solution. »

-> remplacer par Orono ground de Kiekeben ou le lascaux 2060 pur. Kiekeben a inventé avec Susan Groce (prof. Université Maine, dans la ville d’Orono) ce vernis Orono qui tient mieux que Gr Chem seul sur alu et zinc ; aussi plus fiable parce que permet traits plus fins.

  • Sert de vernis mou, puis peut durcir.
  • Peut être utilisé dans tous les bains avec tous les métaux.
  • Autres avantages: Ok pour de fins détails, on peint comme à la cire.
  • Sèche vite, résistance supérieure à l’acide, possibilité d’épaisseurs variables.
  • Peut être mis en couches épaisses ou fines (test de l’université du Maine) tout en répondant bien au mordant.
  • Le fond Orono ajoute quelques produits à Gr Chem bleu paon ou rouge crimson. OK noir mais on voit moins bien au travers. On peut aussi simplifier avec nos produits entre parenthèses, j’imagine.

Sur http://www.nontoxicprint.com/intagliomanual.html#240509885, Kiekeben mélange :

    • 3volumes d'encre GC noire ou rouge pour 2 volumes de ce qui suit:
    • peinture acrylique lascaux 972 noire ou golden noir  (-> toute autre acrylique de bonne densité OK j’imagine ?),
    • Très peu medium acrylique golden 200 ou de lascaux 2060 (ce dernier que j’aurai en base),
    • Du retardateur lascaux (chez moi le glycol)
    • De l’épaississant liquide de golden 98510 (chez moi le carbonate de magnésium)
    • Si augmente le liant acryl: plus solide à l’acide mais sèche plus vite; si augmente le retardeur : possibilité de travail plus long.
    • On mélange 1 et 2 avant chaque utilisation, durée 1/2 heure. Rincer les rouleaux TOUT DE SUITE.

Autre recette Kiekeben:

  • 1. trois volumes de Base d'encrage: graphic chemical (ils ont tous des actions chez eux ou quoi? Y a pas d’autre marque ?)

  • 2. liant1: un volume de Lascaux 2060

  • 3. liant 2: un volume de medium de sérigraphie à l'eau
    (je crois que ce medium est là juste pour remplacer le retardateur et l'épaississant -> si j’ajoute carbonate de magnésium et glycol?) = même recette que dans le livre de Hoegh

Vernis mou pour cuivre selon Semenoff

Semenoff, dont j'ai acheté le livre digital et qui est assez aimable pour répondre à mes mails, reprend la formule originale de Gerald  Ferstman – sert de vernis mou ou dur  - peut faire relief dedans quand mou – résiste à tous les mordants:

  • I part Graphic Chemical water base Blockprint ink
  • + 1 à 3 vol  de Klir,
  • parfois  additionné de polyalkyleneglycol  (= liquide de frein DOT 3; j'en ai acheté sous le nom de polyéth glycol chez Le Lion c'est quatre fois moins cher que le DOT3), parfois de glycérine pour que ne durcisse pas trop vite (quelques gouttes quand il fait trop froid).

Je vais simuler ce mélange avec de la gomme-laque maison diluée d'un volume de Klir, sans glycol car je travaille vite (partant de l'hypothèse que graphic chemical a bien gardé sa recette initiale à base de gomme-laque).